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Crachats d'étoiles

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Ce qui vient

J'ai fini par reposer mon sabre-laser.

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Je suis partie au ski, avec Modèle Réduit sous le bras. Il m'avait prévenue: "Beaucoup de bleues, pas beaucoup de rouges". J'ai appris à skier comme un catoblépas, c'est à dire à avancer dans le sens de la pente avec la tête vissée en arrière pour vérifier qu'il me suit (ce qui n'était pas toujours le cas). J'ai compris le secret des maîtresses quand elle disent qu'elles ont des yeux dans le dos. Au détour d'un télésiège, il me racontait sa vie d'une voix qui confine encore au morcellement.

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(Je ne suis pas guérie de juillet. Ca me rogne, parce que je majore, parce que je deviens plus jolie, parce que j'ai des cils longs comme des poteaux télégraphiques, mais je ne suis pas guérie de juillet, et d'avant.

Il y a quelques jours, j'essayais d'expliquer à H pourquoi, mais je ne réalise pas bien. Je crois que c'est parce que je suis au bord. J'ai toujours cette impression viscérale d'avoir les pieds sur l'arête d'un gouffre. De la moitié de mon pied, je sens la terre, de l'autre le vide. Entre les deux, mon corps balance. J'ai l'impression, d'une pichenette, de pouvoir passer de quelque chose d'absolument normal vers le côté où les choses ne sont déjà plus des choses. Disons, de la pondération vers l'extrémisme le plus rigide. Entre les deux, il manque une barrière, que je franchis parfois par inadvertance, comme on irait cueillir des jonquilles.)

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Avec une fille qui a des yeux comme ceux d'Odette de Crécy, je retourne en chantier, quelque part en République Tchèque.
Evidemment, j'ai investi dans une immense carte des "réseaux routiers et ferrés de la République Tchèque". En papier trop fin, du genre de celles qu'on n'arrive plus à replier après les avoir dépliées. Elle est jaune et ocre, avec des lignes qui la strient comme celles qui relient les pores sur la peau humaine. J'ai déjà passé des heures à la regarder. Il y jusqu'au nom des plus petits villages.

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Avant la République Tchèque, H. m'emmène avec lui à Londres, chez sa famille.

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Je n'irai plus jamais voir Satin Chic. Dans quelques secondes, je vais passer ma main devant mes yeux fermés cinq fois de suite. C'est un rituel pour que les gens dans la mémoire appartiennent au passé, quelque part dans la bourre des jours d'avant, où tous les souvenirs viennent s'encastrer et se compacter, où on ne distingue plus les écarts entre ce qui est ancestral et ce qui est très vieux. Pendant que ma main passe cinq fois devant les paupières, j'essaie de tout me rappeler, et je conjure. Une fois évoquées, les bribes se rangent comme des rideaux dans des tiroirs.

C'est un rituel que j'utilise rarement. Il marche bien.

Et puis ça y est, je l'ai fait.

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H. m'a emmenée dans le coin juif du Marais, celui où toutes les boulangeries portent le nom de gâteaux yiddishs comme ceux qu'on fait chez moi, dont les lettres ne se prononcent pas comme elles s'écrivent. On dirait des noms étrangers, mais j'y vois du chocolat ou de l'abricot, parfois de l'amande, ou du matza, comme par transparence.

Et puis, la librairie gay du Marais est incroyable.

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Ce n'est qu'en visionnant pour la deuxième fois "Le château ambulant" que j'ai compris l'intrigue.
C'est un dessin animé.

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Je crève d'envie de réussir ce concours pour Lyon.

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J'ai toujours été très favorable au nucléaire.

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Ca fait des semaine que je ne parle plus à Papa, à cause d'une histoire de meuble. (Il y a des histoires de mecs, elles sont drôles ; il y a aussi des histoires de meubles, elles ne font rire personne.) C'est un meuble blanc cassé, qui n'était pas au bon endroit un samedi. Il servait à ranger des cassettes et maintenant il ne sert plus à rien du tout.
Bien sûr je n'ai jamais pris les meubles en compte. Je ne parle plus à Papa parce que le meuble m'a fourni un bon prétexte, un prétexte valable, en bois poli. Parler à Papa fait partie de ces choses qui ébrèchent le coeur. Au premier mot on saute à l'eau, au deuxième on ne sait plus quoi dire, au troisième on doute, au quatrième on panique, au cinquième on crève d'avoir ouvert la bouche, au sixième rien ne va plus, au septième on embraye sur un détail domestique. Ne plus lui parler m'évite ces étapes de suffocation.

C'est l'histoire d'un meuble, il est voué à porter des cassettes. Un jour un humoriste à la con passe par là, il lui dit: "Si on t'enlève les "ttes", à quoi es-tu voué?" Et le meuble répond: "A rien: ça ferait 'cassé'."

Ecrit par Kohva, le Jeudi 20 Avril 2006, 02:52 dans la rubrique "".


Commentaires :

  Xael
Xael
20-04-06
à 20:23

Je ne suis pas régie par les lois de ton univers.

Je serai le lière et la misère réunis.

  mllevie
mllevie
20-04-06
à 21:45

Tu es incroyable, Audrey.

C'est ce que j'ai pensé en lisant.

  Ermith
Ermith
21-04-06
à 10:15

(Te retrouver c'est toujours trop loin)