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Crachats d'étoiles

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A un autre :



"Il y a quelques mois, on m'a dit : "Tu finiras par prendre des petits-fours avec tes profs". C'est arrivé jeudi dernier. Ma seule consolation, c'est que je suis devenue une professionnelle des buffets (le coin de table gauche étant systématiquement celui qui se vide le moins vite, mais aussi celui où tu peux avoir le plus difficilement un verre de champagne : à toi de voir si tu préfères te gargariser ou t'empiffrer). Tu reconnaîtras aisément la technique du pigeon parisien. Ou plutôt non, les pigeons parisiens sont bien plus sadiques : ils foncent en groupe sur les grands-mères charitables qui émiettent leur baguette, ils leur picorent les orteils et finissent par les étouffer. (Je suis sûr qu'on retrouve régulièrement à Paris des petites vieilles asphyxiées, un bouchon de plume de pigeon dans la trachée et des miettes de pain enkystées sous la peau des doigts). Les pigeons parisiens, donc, seraient du genre à renverser la table du buffet. Il faut avoir plus de technique. Devenir un peu mondain. Malheureusement, je crois que par manque de grâce et de spiritualité, je suis condamnée au coin gauche du buffet."



"Donc, si tu viens ici, tu pourras te plonger dans un milieu des plus particuliers. Où les gens chantent l'Internationale aux soirées (très faux d'ailleurs) et où tout le monde veut monter une obscure pièce de théâtre, "chef d'oeuvre du répertoire hongrois / slovène / pré-balkanique" (rayer la mention inutile) et que moi je m'en fous parce que je suis directrice technique alors je vais voter contre leurs projets. Mon voisin veut tourner un court métrage sur "le suicide d'un vampire", la fenête et la porte de notre appartement sont cassées, on ne sait pas si la consonne intervocalique est tombée au 3ème ou au 4ème siècle, et la résidence est pleine de chattes enceintes. Si tu viens ici, tu découvriras que j'habite au-dessus d'une discothèque ("salle festive" disent-ils car discothèque ça fait trop HEC) et face à un terrain de tennis et un immeuble en construction. Je dis pas ça pour t'encourager même si je sais que tu es très pressé de découvrir la discosallefestive. Des clochards (j'aime pas le mot SDF, ça fait initiales de bureau, genre "j'ai été à un CA, je suis rentrée à l'ENS et j'ai vu des SDF). Des clochards, donc, dorment le soir dans les passerelles et les nacelles de l'immeuble en construction ; tu vois des lumières sortir d'entre les poutres en acier et tu entends parler dans une langue étrangère qui se révèle être du français, mais un français tordu par un accent impensable. Si tu es interessé par les prostituées, je te conseille aussi de venir (en grappes près des zones de stationnements temporaires, avec des talons hauts comme les poutrelles desdits clochards) et moi elles m'impressionnent car elles ont l'air de mannequins de foire perchés sur échasses."



" Pauline dit que c'est insupportable d'être en colocation avec moi à cause des cas sociaux que je ramène à l'appartement. Il y en a même un (qui a un crâne comme les savants fous dans les films de série B) qui nous attend régulièrement devant notre porte "pour [je cite] voir si on rentre bientôt", ce qui fout les jetons à tout le monde sauf moi qui sait bien que les savants fous de série B sont en manque d'affection (ils en ont marre de trucider des jeunes filles pour leurs expériences). Je n'y peux rien mais quand je pense à ce type (le "cas social") je me sens envahie d'un sentiment inédit. Quelque chose comme une très profonde pitié (mais pas exactement car la pitié c'est pour les animaux ou les clochards). C'est comme se reconnaître dans un miroir qui montrerait l'envers du décor. Quand je regarde ce type, je me sens "adoptée", disons, comme si j'avais été échangée avec lui à la naissance par des infirmières sadiques. J'ai envie de tendre la main vers lui mais je sais que ma main ne le touchera jamais (et puis d'abord, il s'enfuierait) car il existe de l'autre côté du reflet. Mais Pauline ne voit, elle, qu'un paumé qui ressent le besoin viscéral d'occuper notre cuisine. Du coup, quand il vient, elle ne cuisine que des choses qu'il déteste, dans l'espoir de le faire fuir. Il lui arrive même de planifier ses courses de la semaine en fonction de ce qu'il déteste le plus."

Très profonde pitié, très profonde tendresse.




"Plus les choses se mettent en place autour de nous, plus j'ai l'impression que nous vivons en pleine foire. Je mange une barbe à papa. Certains sont propulsés au sixième ciel par des manèges tournoyants. J'ai perdu des gens dans la foule, et je communique avec les autres grâce à des talkies-walkies bon marché, en plastique pour gosse, grésillants, il faut gueuler dedans. Ma barbe à papa est maléfique, elle ne réduit pas au fur et à mesure que je la mange, et je sens l'écoeurement progresser. Et soudain je te vois du coin de l'oeil. Tu regardes la cage aux tigres. Tu
*la commucation a été définitivement interrompue*
(si même les talkies-walkies)"



...
 
Ecrit par Kohva, le Lundi 8 Octobre 2007, 14:13 dans la rubrique "".


Commentaires :

  barbara
08-10-07
à 23:31

encore.



je ne ponctuerai pas comme une hystérique mais je ferai en sorte qu'on l'imagine. Aussi, quelle est cette photo 'en haut à gauche' ?




  Kohva
Kohva
21-10-07
à 00:46

Re:

Je sais plus, une photo tirée d'une vernissage à Lyon, mais j'ai perdu le nom de l'artiste

  an-droid
an-droid
15-10-07
à 00:51

T'en fais pas.

Après, t'as des relations qui t'indiquent où et quand se cachent les autres pots, du coup tu n'es pas obligée d'aller qu'à ceux pour lesquels vos profs vous ont prévenus.