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Crachats d'étoiles

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Désolée je n'ai retenu que les détails que les détails

J'étais en retard, mais on va dire que j'étais la première des en-retard.

J'avais tournicoté pendant une heure dans les rues de Montmartre. Il y avait un marché très bruyant qui mangeait les trottoirs pour s'étaler sur la route, et je demandais comment les voitures faisaient pour passer sans écraser les fourmis à taille humaine. Un nombre incroyable de boucheries avec des lambeaux pleins les vitrines, et des bouts de journaux en perdition dans les caniveaux.

Au début je tenais mon plan à la main, mais à cause de la pluie, il a fini par devenir illisible, il se délitait entre mes doigts. Et je tournais en rond dans des rues aux noms sauvages, (« Rue Poulet », « Allée des poissonniers », c’est presque si on voyait les animaux).

Je n’ai pas appelé Tiphaine. pour demander mon chemin. Parce que je savais bien que si j’avais dit « Je suis perdue », elle m’aurait répondu « Ben, tu es à Paris ».

J’ai fini par demander mon chemin à un vieil homme qui a hurlé de rire pendant plusieurs secondes avant de me gueuler dans l’oreille « Vous êtes pas du tout dans le bon sens, vous êtes même pas dans le bon quartier ! ». Et il s’écroulait, hilare, contre les murs en hoquetant des « gauche.. puis droite.. puis gauche.. ». Moi je me sentais encore plus paumée, et à chaque mouvement je m’essorais sur le pavé.

---

La rue de Tiphaine est une pente – ou une montée, ça dépend dans quel sens on la prend. Il y a affiches de musiciens bizarres sur les murs, et des « défense d’afficher » aussi. Elle habite au sixième étage, et l’escalier ressemble à un ascenseur futuriste, vous savez, un de ces tubes qui vous téléportent en haut en un clin d’œil – sauf que chez Tiphaine, bien sûr, c’est un escalier, avec des marches qui jouent à l’accordéon et une rampe en spirale qui n’a pas l’air d’avoir de fin. Le numéro des étages est crayonné au marqueur sur la peinture des murs ; on voit un 1 qui ressemble à un cou guillotiné ou un 2 en escargot.

Le sixième étage est le dernier : on sait qu’on y est arrivé parce qu’il n’y a plus rien au-dessus, juste la porte qui mène au toit, là où on va fumer quand on n’a pas peur de glisser. L’antenne télé est disproportionnée, énorme, toute éclatée de fer ; et à côté la petite cheminée en tuiles ressemble à un jeu de cubes pour enfants. Les gosses font de concours de lancers de canettes sur le toit du bâtiment voisin ; j’imagine bien les grands bruits de ferraille, à en réveiller tout l’immeuble.

Je me suis demandée si je devais m’essuyer les pieds ou pas sur le paillasson. Tiphaine est quelqu’un qui méprise les paillassons et les essuyages de pieds. Mais en même temps je ressemblais à un épouvantail sous la pluie. Alors je savais pas.

Elle a fumé une cigarette au pain d'épice qui remplissait la pièce de l'odeur du miel.

Ecrit par Kohva, le Mercredi 24 Novembre 2004, 00:29 dans la rubrique "".


Commentaires :

  indrae
indrae
27-11-04
à 11:41

et après tout c'est déboires, finalement, elle était bien cette visite ?

  Shaops
Shaops
22-12-04
à 17:33

Moi, j'ai aimé cette soirée là, c'était bien.